En définitive, le rapport annuel de l’exercice 2025 permet de constater que la situation des droits humains demeure préoccupante au Burundi. La première partie de ce rapport est consacrée au contexte sécuritaire, politique, judiciaire et social. Sur le plan sécuritaire, l’année 2025 a été fortement marquée par une instabilité et une perturbation de la paix dans plusieurs localités du pays caractérisées par les actes et faits suivants : vols qualifiés répétitifs et récurrents, justice populaire, incendies pour des mobiles politiques, abus commis par des jeunes Imbonerakure, formations paramilitaires et distribution des armes aux des jeunes Imbonerakure, envoi des militaires burundais en RDC pour combattre les rebelles de l’AFC/M23, déploiement des militaires à la frontière burundo-rwandaise, rondes nocturnes obligatoires, attaques ciblées, etc. Sur le plan politique, l’année 2025 a été dominée par un processus électoral biaisé caractérisé par des actes et faits suivants : discriminations, arrestations, détentions arbitraires, intimidation et séquestration des membres de l’opposition, fraudes massives lors des différents scrutins, proclamation des résultats biaisés, mise en place des bureaux des deux chambres du parlement, etc. Sur le plan judiciaire, le contexte fait état de 833 cas d’arrestations et de détentions arbitraires et illégales, 45 cas d’enlèvements et de disparitions forcées, 2 cas d’exécutions judiciaires et de 42 jugements de flagrance. Sur le plan social, le contexte a fortement été marqué par la pénurie du carburant, la montée exorbitante des prix des produits alimentaires et la grève des médecins exerçant dans les structures sanitaires pour réclamer l’augmentation de leurs salaires. Sur le plan économique, le contexte a été marqué par une dépréciation persistante de la monnaie burundaise, une pénurie chronique des devises et une très grande paupérisation de la population consécutives aux sanctions économiques.
